Plus d'informations sur la compétition

Remettons la compétition à sa place.

Historiquement, les structures de compétitions de plusieurs sports pour les jeunes canadiens ont provoqué des situations où les jeunes athlètes participaient à trop de compétitions et ne s’entraînaient pas suffisamment. Plusieurs raisons peuvent l’expliquer.

Bien souvent, elles ont été le résultat du désir des parents et des entraîneurs d’assister à de «vrais jeux» et de voir leurs enfants participer à des compétitions pour remporter des trophées et des titres. Nous avons tendance à voir les enfants comme de petits adultes et nous désirons les voir jouer le «vrai» jeu et participer à des compétitions, tout comme nos héros sportifs.

D’autres fois, elles ont été dues à un simple manque de disponibilité des installations qui ont forcé les groupes sportifs à sacrifier l’entraînement et la pratique pour laisser la place aux matchs.

La compétition excessive et le sous-entraînement peuvent grandement affecter le développement de l’athlète :

  • Les athlètes n’optimisent pas le développement de leurs habiletés et de leurs capacités physiques durant les périodes critiques de capacité d’entraînement.

  • Les athlètes augmentent leur risque de blessures aux muscles et aux os dues à une sur-utilisation.

  • Les athlètes ont plus de risques de souffrir d’épuisement ou d’abandonner des activités.

  • Les athlètes développent de mauvaises habitudes en performance des habiletés.

Pour contrer ces problèmes, la structure et le calendrier des compétitions doivent être adaptées en fonction des besoins des athlètes, et non ceux des entraîneurs, des clubs ou des parents. La difficulté est que les structures déficientes de compétitions peuvent devenir la «tradition» dans certains sports ou dans certaines régions. Il devient donc difficile d’introduire des changements, même lorsque ces changements peuvent grandement contribuer à une meilleure expérience de jeu pour les enfants et à leur développement à long terme en tant qu’athlètes.

Une bonne logique pour la compétition

Les structures de compétitions, telles que les ligues, les tournois et les calendriers de saisons doivent être soutenus par une bonne logique. Nous devrions nous poser la question suivante : de quelle façon le format et l’horaire de compétitions contribue-t-il au meilleur développement des athlètes?

Les recherches démontrent qu’il existe un rapport entraînement-compétition optimal  qui permet d’optimiser le développement des habiletés de l’athlète. En planifiant l’entraînement et les compétitions en fonction de ce rapport, la compétition favorisera le succès et le développement à long terme de l’athlète, tout en diminuant les risques d’épuisement et d’abandon des activités.

Parallèlement, les compétitions et les événements sportifs devraient être conçus et sélectionnés selon la qualité et le niveau de compétition en lien avec les besoins développementaux de l’athlète.

La planification du calendrier de compétition

Les calendriers d’entraînement et de compétitions doivent être ajustés aux différents stades du DLTA afin d’assurer un développement et une performance optimisés. Aux premiers stades, les pratiques sont beaucoup plus importantes que les compétitions. Aux stades plus avancés, la compétition et la performance montent graduellement dans les priorités.

Le tableau ci-dessous présente les recommandations générales du rapport entraînement-compétition. Dans les stades avancés, la compétition peut aussi inclure l’entraînement spécifique tel que des matchs d’entraînement, des épreuves chronométrées ou d’autres outils d’entraînement qui simulent une compétition.  

Stades

Rapport recommandé

Enfant actif

Aucun rapport spécifique ; peu ou pas de compétition

S’amuser grâce au sport

Toutes les activités amusantes

Apprendre à s’entraîner

7 pratiques pour 3 compétitions/matchs

S’entraîner à s’entraîner

3 pratiques pour 2 compétitions/matchs

S’entraîner à la compétition

2 pratiques pour 3 compétitions/matchs, incluant l’entraînement spécifique

S’entraîner à gagner

1 pratique pour 4 compétitions/matchs, incluant l’entraînement spécifique

Suggestions d’amélioration

Les entraîneurs et les organismes de sport devraient prendre plusieurs facteurs en considération lorsqu’ils conçoivent des compétitions pour leurs athlètes :

  • Considérer l’évolution du rapport entraînement-compétition lorsque l’athlète grandit et devient plus mature. Par exemple, si les athlètes participent à des compétitions de façon excessive aux stades Apprendre à s’entraîner et S’entraîner à s’entraîner, les risques qu’ils ne puissent pas développer leur habiletés et leur forme de base sont plus élevés. Ils risquent aussi de développer de mauvaises habitudes.

  • Les horaires des sports d’équipe sont souvent prédéterminés par les ligues ou les organismes et non par les entraîneurs, ce qui rend ces recommandations difficiles à atteindre. Avec un peu de créativité, les entraîneurs peuvent réussir à retirer le maximum du temps d’entraînement en intégrant des activités axées sur les habiletés et en diminuant la quantité de temps perdu dans la mêlée.

  • Les sports individuels permettent généralement plus de flexibilité pour les entraîneurs au niveau de la sélection et de la création de calendriers de compétition en fonction des besoins individuels d’un athlète.

  • La durée des saisons de compétition devrait aussi tenir compte des besoins changeant de l’athlète en développement. Par exemple, le calendrier de compétition devrait tenir compte des événements qui se déroulent à l’extérieur du sport (ex. : événements scolaires).

  • Les événements et compétitions majeurs exigeant une performance optimale, tels que les matchs de barrage, les championnats ou les épreuves de qualification devraient être planifiés afin d’éviter d’entrer en conflit avec les événements scolaires majeurs, tels que les examens.

  • La durée des saisons de sports devrait être la même pour tous les participants ou équipes. Trop souvent, les athlètes ou les équipes qui ne réussissent pas les matchs de barrage se voient obligés d’arrêter de jouer, tandis que les joueurs et les équipes qui gagnent les matchs de la ligue ou les matchs de barrage sont récompensés par plus de temps de jeu. Il en résulte une énorme différence dans le nombre de pratiques et de matchs, ainsi qu’une grande différence au niveau du développement.

Principaux points à retenir

La compétition ne procure pas les mêmes avantages développementaux que la pratique et l’entraînement. La compétition excessive peut aussi augmenter considérablement  les risques de blessures physiques et d’épuisement mental. À long terme, nos athlètes performeront mieux aux compétitions si le calendrier de compétition et le rapport entraînement-compétition sont bien pris en considération.

Le changement a commencé

Au cours des dernières années, de nombreux sports canadiens ont révisé leurs structures de compétition et ont apporté des changements en fonction des principes du DLTA. Visitez notre page Ressources pour en apprendre plus.